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Lutte contre les violences : développer le partenariat

Construire un partenariat pour soutenir et accompagner les femmes


Depuis plusieurs mois, bien avant le confinement de mars dernier, le CIDFF Phocéen, l'AVAD, SOS Femmes 13 et les pôles psycho-sociaux des commissariats de Marseille, ont mutualisé leurs connaissances, leurs compétences et leurs réseaux respectifs pour venir en aide à des femmes victimes de violences conjugales. Cette collaboration étroite d'intervenant.es de terrain a notamment permis de dénouer plus facilement certaines situations.

Grâce au soutien de la DRDFE, et d'autres institutions (CD, MDS, OFII, …), nous avons pu mettre à l'abri des femmes et des enfants. Une Unité d'Hébergement d'Urgence a été installée, à la Commanderie de l'OM, pour accueillir les victimes de violences conjugales, plus vulnérables durant la période de crise et de confinement.

Lorsque l'UHU éphémère a été fermée, les femmes ont été accompagnées pour trouver un hébergement durable et suivre leur projet de réinsertion sociale et professionnelle. Et l'ensemble des équipes continuent de leur fournir un soutien juridique et psychologique, ainsi qu'à toutes les victimes de violences conjugales qu'elles reçoivent.



Témoignage

Véronique* a contacté une juriste du CIDFF en avril dernier. Victime de violences conjugales, elle a été accueillie et accompagnée à distance par un réseau de partenaires associatifs dont le CIDFF.

Comment êtes-vous arrivée au CIDFF Phocéen ?

Après 3 ans de relation à distance et un mariage en mai 2019, j'ai démissionné et quitté Paris pour emménager avec mon mari à Marseille, en décembre 2019. Les violences ont commencé dès janvier 2020… J'ai supporté les humiliations, insultes et menaces quotidiennes pendant plusieurs semaines. Je n'avais pas le droit de sortir sans lui, je n'avais même pas le droit d'appeler ma famille, je n'étais plus libre de mes actions, ni de mes paroles, … J'ai enduré cela pendant quatre mois. Suite à une énième insulte de sa part, j'ai répondu. Il m'a mise à la porte. Je me suis retrouvée à la rue, en plein confinement, seule, sans rien, … Je suis allée me réfugier chez une cousine, à qui j'ai tout raconté, jusque-là je voulais le préserver… Elle m'a alors accompagnée au commissariat où l'intervenante sociale (I.S.) du pôle psycho-social m'a reçue. Elle m'a orienté vers le CIDFF Phocéen.

Qu'avez-vous trouvé en venant au CIDFF Phocéen ?

De l'écoute, de la bienveillance, de l'espoir… La juriste qui m'a reçue a écouté toute mon histoire. Sans jugement. Elle m'a expliqué que ce que j'avais subi de la part de M. n'était pas normal et que j'avais le droit de porter plainte pour ces violences. Avec l'I.S. du pôle psychosocial, elles m'ont aidé à préparer mon dépôt de plainte, je ne voulais pas dire les mots que mon mari utilisait et pour moi les menaces, ce n'était pas important… La juriste m'a expliqué aussi la procédure de divorce.

Mais c'est surtout ses mots déculpabilisants et rassurants qui m'ont fait du bien. Après ce premier entretien, tout s'est enchaîné rapidement. Suite à mon dépôt de plainte, seules les menaces de mort ont été retenues. Mon mari a été condamné à un rappel à la loi… mais ce n'est pas grave. J'ai été entendue, crue et soutenue. Aujourd'hui, je vais très bien : je suis une thérapie, j'ai lancé une procédure de divorce pour faute, j'ai pu récupérer l'appart, je suis en formation actuellement et après, je serai suivie par une CIP du CIDFF pour une reconversion professionnelle, j'aspire à un nouveau départ ! J'ai hâte ! je revis ! Merci au CIDFF et à toutes les intervenantes !


*Le prénom a été modifié

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